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Garder une trace des lieux qu'on quitte



Que ça soit lors d'un deuil ou d'un déménagement, il m'a toujours paru important de garder une trace de ma maison, pas seulement de l'architecture, mais aussi de tout ce qu'elle dégage.


Une maison, c'est des images, des odeurs, des sons, des ambiances, même la température et l'humidité des pièces influencent notre ressenti et notre nostalgie.

Toutes ces choses nous raccrochent à une histoire, à un moment de notre vie vécu dans cet endroit et aux personnes qui nous ont entourées dans cette maison.


Lors d'un deuil, se séparer du logement du défunt peut être extrêmement difficile, comme une deuxième mort de la personne, la disparition de son lieu de vie.

Certains vont même jusqu’à gardé la maison de la personne décédée intacte et inhabité, de peur de détruire quelque chose d'important, une véritable capsule temporelle.

Ces personnes, dont le processus de deuil est très compliqué, n'arrive pas à avancer.


Mais, quand bien même vous auriez envie de garder un musée qui prend la poussière, ce n'est pas toujours possible, notamment pour des questions d'argent et ça peut-être un véritable déchirement.


Ceux qui veulent et qui doivent se séparer d'une maison ont parfois besoin et envie d'en garder une trace pour atténuer l'envergure de l'épreuve.

C'est pourquoi je propose toujours à mes clients, chez qui j'interviens pour un vide-logement, quelques techniques pour garder cette trace, afin de pouvoir y "revenir" lorsque le besoin s'en fait ressentir.


Pour ça, il existe plusieurs solutions que je vais partager avec vous.


Les photos

C'est la technique la plus simple et la plus logique pour garder une image du lieu.

Il suffit d'un appareil photo ou d'un simple téléphone portable.

Vous pouvez prendre une photo de chaque pièce (comme pour une visite immobilière), mais aussi des photos de certains détails, de certains objets ou de certaines scènes de vie laissées en suspend.

Ne vous forcez pas non plus à prendre une photo d'absolument tout, juste de ce dont vous avez envie et besoin.

Cette technique fonctionne aussi très bien pour les objets dont on a du mal à se séparer lors d'un simple tri.


Le son

Avoir l'ambiance sonore d'un lieu peut vraiment être agréable, un parquet qui craque, une bouilloire qui fait un bruit particulier, le bois qui brûle dans une cheminé, ou même sa voix qui résonne dans la maison.

Vous pouvez laisser tourner un enregistreur dans une pièce ou déambuler en commentant ce que vous voyez et ce que vous ressentez. Pas besoin d’être parfait, de toute façon ce n'est rien que pour vous, alors faites vous confiance et n'ayez pas peur de dire ce qui vous viens.


Pour l’enregistrement, un téléphone peut parfaitement faire l'affaire, faites juste attention à ne pas frotter la zone du micro et à vous mettre en mode avion pour éviter les bruits parasites et les appels.


La vidéo

Si vous vous sentez l’âme d'un Alfred Hitchcock ou d'une Alice Guy*, pourquoi ne pas combiner photo et son avec la vidéo !

Vous pouvez faire une visite du lieu en commentant, ou en laissant les bruits ambiants accompagnés l'image.

N'hésitez pas à bien prendre votre temps et/ou à faire plusieurs vidéos si vous avez envie de filmer certains détailles qui vous touchent.


Encore une fois, pas besoin d'avoir une caméra dernière génération, votre téléphone peut suffire. N'oubliez pas de faire attention au micro et de mettre le mode avion afin de ne pas être dérangé. Oh et ne changez pas de format (paysage ou portrait) pendant la prise, ça risque de vous donner le mal de mer en visionnant la vidéo.


*Petit point culture : Alice Guy devient la première femme réalisatrice de l'histoire en 1896, elle a écrit, réalisée et produit plus de 700 films. Une véritable pionnière trop souvent oubliée.


Le dessin

Les plus artistiques et les plus patients peuvent s'armer d'une feuille et d'un crayon pour dessiner certaines pièces, tant qu'ils ont encore l'exemple sous les yeux.

Pas besoin d’être hyperréaliste, il suffit que ça vous parle à vous et que ça vous fasse du bien de le faire.

De mon côté, j'ai toujours eu besoin de faire des plans, comme pour me souvenir de comment fonctionne l'endroit. Je ne suis pas architecte et mes proportions étaient bancales, mais je me souviens de chaque maison que j'ai habitée et de chaque recoin grâce à ces plans, que je n'ai jamais ressorti d'ailleurs.


L'écriture

Certains préféreront peut-être coucher leurs souvenirs et leurs impressions par écrit.

Texte très descriptif ou simple recueil d'impression, texte manuscrit ou tapé numériquement, tout est possible. Même ressortir la vieille machine à écrire, dont vous ne voulez plus, une dernière fois.


Prendre "un bout" de la maison

Prendre un caillou dans l'allée, un bout de la vieille tapisserie, un morceau de la nappe ou encore une fleure séchée du pot-pourri qui trônait sur la table du salon. Ces petits objets peuvent vous raccrocher au lieu que vous avez quitté.

Ce sont de souvenirs des choses qui vous ont marqué dans cette maison.

J’insiste sur "petit", il ne faut pas que ça vous encombre.

Oh et n'arrachez pas la tapisserie ou la moquette sans avoir demandé au propriétaire ou au futur propriétaire.


Conclusion

J'imagine qu'il existe d'autre manière de garder une trace d'un lieu, simplement en parler par exemple. Mais j’avais envie d'évoquer les principales et des plus simples à mettre en place.


Toutes ces "traces" peuvent être utilisées séparément ou combinées selon vos envies et vos besoins.

Elles peuvent être recueillies dans une boite à souvenir ou dans un dossier numérique.

D'ailleurs, peut-être que vous n'irez jamais revoir ces archives, mais elles peuvent vous sécuriser et vous aider à avancer, elles seront toujours là, si jamais.


Dire au revoir à un lieu n'est jamais simple, mais c'est utile pour avancer et, de toute façon, il restera toujours une trace de ces lieux en vous.

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